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Interview de Jean Joyeux

Micronutrition et sport

Jean Joyeux est nutritionniste, spécialisé en nutrition sportive, conseiller de nombreux athlètes professionnels jusqu’au niveau international et enseignant.


Question 1 : Dans votre pratique d’expert en nutrition du sport, constatez-vous fréquemment des carences en micronutriments chez les sportifs ? L’exercice physique induit-il une déplétion en micronutriments ? Si oui, lesquels ?

Les carences en micronutriments sont assez fréquentes, chez tous les sportifs que j’ai pu rencontrer. Dans la plupart des cas, c’est l’alimentation qui est en cause. D’autre fois l’équilibre alimentaire est parfois bon, voire très bon chez ceux qui ont compris l’importance de la nutrition dans la performance, et qui ont fait les bonnes recherches (on peut trouver tout et son contraire sur Internet et dans les livres, le discernement est d’autant plus difficile).

En fonction du volume d’entraînement et des intensités atteintes, la surconsommation des micronutriments est tout à fait visible. Elle a d’ailleurs été mise en évidence chez les triathlètes, cyclistes, marathoniens, et ce dès les années 1990, voire avant.

On voit que la vitamine C et la vitamine E chutent, mais il faut aussi tenir compte de tous les autres micronutriments. Je constate très fréquemment des carences en vitamine D, parfois en zinc, en sélénium… En revanche, rien n’est systématiquement identique d’un athlète à l’autre. Il faut toujours veiller à faire un travail individuel et précis.


Question 2 : Quels micronutriments nécessitent une attention particulière en cas de pratique régulière d’exercices physiques ? Quels aliments sont à privilégier ou est-ce que des compléments alimentaires sont plus bénéfiques ?

Tous, en réalité… on doit commencer par-là, avoir dans l’assiette les meilleures garanties possibles sur les apports en micronutriments. Ensuite, selon les personnes, les « maillons faibles » de l’équilibre micronutritionnels sont très variables. Il faut faire un bon bilan individuel pour comprendre ce qui manque. Ceci dit, pour moi, les bases sont d’avoir toujours des fruits et légumes frais crus ou pas trop cuits, de bonnes huiles pour les apports en oméga 3 et vitamine E, du poisson pour les omégas 3 « à longue chaîne », et des oléagineux…

Les compléments alimentaires sont un outil intéressant, mais d’abord une « béquille » pour passer un cap ou subvenir à une augmentation brutale de l’entraînement, qui va augmenter la consommation des nutriments essentiels. Il ne faut surtout pas oublier que la matrice des aliments conditionne très fortement l’action des micronutriments. L’assiette doit être le premier apport, car c’est le plus efficace… et le plus sympathique ! Je suis un fervent défenseur de la gastronomie santé.

Retrouvez l’interview complet et bien plus dans notre numéro 14