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Interview du professeur Gregoire Millet

 

L’utilisation de l’entraînement en altitude chez des clients qui recherchent une meilleure composition corporelle est-il bénéfique ?

Grégoire Millet est professeur de physiologie du sport à l’Institut des sciences du sport de l’Université de Lausanne (ISSUL). Scientifique et chercheur de renommée mondiale, notamment pour ses travaux portant sur les réponses à l’exercice en altitude, les effets ergogéniques et thérapeutiques de l’hypoxie, ainsi que l’optimisation des performances sportives.


Question 1 : Est-ce que l’entraînement en altitude permet de dépenser plus de calories qu’au niveau de la mer ? Si oui, pouvez-vous nous expliquer brièvement les mécanismes impliqués ? Est-ce que des expérimentations ont démontré une meilleure perte de poids ?

Le rendement n’est pas modifié en altitude, donc pour une même intensité, on ne dépense pas plus d’énergie. En revanche, l’altitude modifie la répartition entre graisses et sucres oxydés à l’exercice. L’altitude s’accompagne d’un sentiment de satiété plus rapide et d’une baisse de l’appétit, qui sont les principaux mécanismes permettant d’accélérer la perte de masse grasse en altitude.


Question 2 : Est-ce que l’entraînement en altitude permet d’accroître plus rapidement l’hypertrophie musculaire qu’au niveau de la mer ? Si oui, pouvez-vous expliquer brièvement les mécanismes impliqués ? Est-ce que des expérimentations ont démontré un plus grand gain en masse musculaire ?

L’hypoxie localisée sous forme de BFR (blood flow restriction) est très efficace pour l’hypertrophie. Plusieurs mécanismes, comme l’augmentation d’hormones (hGH, testostérone, …) et gonflement des cellules sont impliqués.  A l’inverse, des expositions prolongées en haute-altitude (Himalaya) induisent une fonte musculaire, mais ce n’est pas un problème en préparation physique car cela nécessite soit des altitudes très élevées (> 5 000 m), soit des expositions sur plusieurs centaines de jours.

Retrouvez l’interview complet et bien plus dans notre numéro 10