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Exercice avec une masque facial : (in)compatible ?

INTRODUCTION

Alors que de nouveaux cas de Covid-19 continuent d’apparaître, avec un nombre total de 44 888 869 cas et 1 178 475 décès au 30 octobre 20201, il a été conseillé aux personnes en bonne santé de rester chez elles le plus possible et de maintenir une distanciation sociale.2 L’accès aux pistes d’athlétismes extérieures a été refusé et les centres de remise en forme ont été fermés afin de prévenir la propagation du virus au sein de la communauté.3 Un séjour prolongé à la maison pourrait entraîner une inactivité physique, ce qui pourrait aggraver des problèmes de santé préexistants. Le comportement sédentaire (tout comportement caractérisé par une dépense énergétique inférieure à 1,5 METS en position assise ou couchée) est identifié comme un facteur de risque pour les maladies cardiométaboliques telles que l’obésité, les maladies des artères coronaires, l’hypertension et les maladies cancéreuses.4

Il est essentiel de s’éloigner d’un mode de vie sédentaire, surtout en ces temps de pandémie mondiale, pour inverser les effets néfastes associés aux risques sanitaires mentionnés précédemment. Il est prouvé que l’exercice physique, même à faible intensité, permet de maintenir la masse musculaire et la forme cardiovasculaire et de prévenir la perte osseuse imposée par la sédentarité pendant cette période de confinement.5 En raison du scénario mondial actuel, des lignes directrices spécifiques ont été proposées pour l’exercice pendant la période de confinement du Covid-19, en particulier pour les personnes à risque ou souffrant de maladies chroniques.6 L’entraînement devrait permettre d’éviter ou de réduire les risques de syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) associé à la Covid-19. Plus précisément, des études ont démontré que l’exercice peut diminuer la sévérité des infections respiratoires aiguës, ainsi que réduire le nombre de symptômes.7 Dans une revue systématique, Zhan Yan (2020) a découvert que la superoxyde dismutase extracellulaire antioxydante (EcSOD) associée à l’entraînement physique pourrait protéger contre de nombreuses maladies.8 Il est maintenant bien établi dans la littérature scientifique qu’un entraînement physique modéré à vigoureux soit proposé pour renforcer le système immunitaire.9-11

 

HYPOTHÈSES

Dans le monde entier, et depuis le mois de mars, les gouvernements assouplissent lentement leurs directives sur le confinement national, même si le nombre de cas continue d’augmenter. Bien qu’inquiétant, ce phénomène a tout de même apporté un soupir de soulagement aux athlètes ainsi qu’aux personnes pratiquant des exercices physiques en équipe, qui peuvent reprendre leurs séances d’entraînement/de remise en forme, et on les voit maintenant partout avec des masques. Il est bien établi que le port du masque à l’échelle communautaire peut contribuer au contrôle de la COVID-19 en réduisant la quantité d’émission de salive et de gouttelettes respiratoires infectées par les personnes présentant la COVID-19 subclinique ou légère.12 L’OMS recommande d’ailleurs le port du masque, bien que non suffisant à lui seul.13 Un document sur les hypothèses physiologiques se veut une tentative d’explorer des questions sans réponse14 : 1) L’utilisation d’un masque offre-t-elle un quelconque avantage pour les personnes qui font de l’exercice en société pendant cette pandémie ? 2) L’exercice avec un masque modifie-t-il les réponses physiologiques normales à l’exercice ? 3) L’exercice avec un masque augmente-t-il le risque d’être atteint du coronavirus ? 4) Comment les personnes qui font de l’exercice en société pourraient-elles lutter contre cette altération physiologique ?

 

ÉVALUATIONS DES HYPOTHÈSES

Les masques offrent-ils des avantages pendant l’exercice ?

On sait que le coronavirus se propage par gouttelettes et provoque des infections des voies respiratoires supérieures et le SDRA. Les masques respiratoires (N95)16-17 servent d’équipement de protection individuelle qui peut filtrer les fines particules en suspension dans l’air et les empêcher d’atteindre le système respiratoire, ainsi qu’à prévenir les infections interindividuelles, en particulier la grippe et les coronavirus.15 La tendance actuelle indique la propension du coronavirus à se diriger vers la cavité nasale ou orale, en raison de sa température plus basse par rapport au noyau. Gupta et al. ont proposé que les masques puissent fournir un environnement “thérapeutique”, et agir comme une barrière contre ces projections virales dans la région du naso-oropharynx.18

Masque facial et altération de la physiologie pendant l’exercice

Une compréhension détaillée sur l’effet physiologique du masque sur l’organisme a été longuement étudiée et rapportée dans plusieurs études.24 De notre côté, nous nous concentrons sur l’impact du masque porté durant l’exercice physique. Étant donné que ce sujet est relativement récent, il n’existe pas beaucoup d’études concernant cette thématique et beaucoup d’hypothèses sont faites, qui amènent à réfléchir.

L’exercice physique avec des masques pourrait induire un environnement d’hypoxie hypercapnique [échange insuffisant d’oxygène (O2) et de dioxyde de carbone (CO2)].19 Cet environnement acide, tant au niveau des alvéoles que des vaisseaux sanguins, engendrerait de nombreuses altérations physiologiques lors de l’exercice avec des masques : 1) Décalage métabolique ; 2) Stress cardio-respiratoire ;…

 

Retrouvez l’article complet et bien d’autres dans notre numéro 17