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Définir l’approche alimentaire optimale pour une perte de poids sûre, efficace et durable chez les adultes en surpoids et obèses

INTRODUCTION & SITUATION ACTUELLE

Il est essentiel d’identifier des stratégies sûres et efficaces de contrôle du poids à long terme pour réduire la prévalence alarmante de la surcharge pondérale et de l’obésité chez les adultes et les adolescents dans le monde entier et atténuer les risques sanitaires liés à l’obésité1. L’obésité et la surcharge pondérale touchent ensemble plus d’un tiers de la population mondiale aujourd’hui, soit 39% des adultes âgés de 18 ans et plus étaient en surpoids en 2016, et 13% étaient obèses. En 2016, plus de 1,9 milliard d’adultes de 18 ans et plus étaient en surpoids. Parmi eux, plus de 650 millions étaient obèses. Les enfants ne sont pas épargnés par cette maladie, puisque 38 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient en surpoids ou obèses en 2019. À savoir que la prévalence mondiale de l’obésité a presque triplé entre 1975 et 2016.2 Bien que l’obésité soit une maladie complexe et multifactorielle d’origine génétique, comportementale, socio-économique et environnementale, elle est également évitable et traitable dans une large mesure2-3. Il ne fait aucun doute que le traitement de première ligne de l’obésité est une gestion alimentaire combinée à une modification du comportement et, en second lieu, à une augmentation de l’activité physique4. Les médicaments pour la perte de poids et la chirurgie bariatrique sont également recommandés pour des sous-groupes spécifiques de patients obèses5.

Les recommandations alimentaires pour la perte de poids varient considérablement d’une société scientifique à l’autre et ont été révisées à de nombreuses reprises, ce qui reflète l’incertitude dans le domaine de la gestion nutritionnelle de l’obésité et la difficulté de générer des recommandations uniformes pour tous les patients5-6. Bien qu’il existe des dizaines de régimes amaigrissants promettant de réduire le poids corporel7, les caractéristiques de la stratégie optimale restent controversées, et aucune stratégie alimentaire n’est uniformément supérieure aux autres en termes de perte et de maintien du poids pour la population générale.

Le rapport optimal entre les macronutriments d’un régime alimentaire, ou la proportion de calories apportées par les graisses, les glucides et les protéines ont fait l’objet d’une grande attention au cours des dernières décennies en raison de son importance potentielle pour la perte de poids, mais il reste encore à déterminer8. Certains chercheurs soulignent le rôle du déficit énergétique indépendamment de la composition des macronutriments9, d’autres mettent en avant le rôle de la composition des macronutriments10, et enfin d’autres encore soulignent le rôle de la qualité du régime alimentaire au moyen d’aliments sains cuits naturellement et non transformés, indépendamment de la composition des macronutriments ou de l’apport énergétique11-12, pour obtenir une perte de poids et d’autres avantages pour la santé. Toutes ces approches ont leur propre raison d’être et sont toutes fondées sur des preuves et en partie correctes. Toutefois, la clé d’une perte de poids réussie réside dans la combinaison prudente de toutes ces approches dans le contexte d’un régime alimentaire sain et équilibré sans restrictions sévères ni exagérations nutritionnelles.

Cet article vise à fournir des principes généraux et des recommandations pratiques pour la gestion diététique de l’obésité, et à explorer davantage les composantes de l’intervention diététique optimale. À cette fin, divers régimes alimentaires sont examinés de manière critique, tels que les régimes à faible teneur en graisses, les régimes à faible teneur en glucides, les régimes riches en protéines, le régime méditerranéen et les régimes à restriction calorique intermittente, afin de définir l’approche alimentaire optimale pour une perte de poids sûre, efficace et durable chez les adultes en surpoids et obèses.

 

PRINCIPES GÉNÉRAUX

En général, il n’est pas possible de perdre du poids sans un bilan énergétique négatif13. Il est donc nécessaire que l’apport énergétique soit constamment inférieur à la dépense énergétique pour obtenir une perte de poids13. Outre la restriction énergétique, la composition en macronutriments d’un régime a été considérée comme jouant un rôle important dans la perte de poids, au motif que les régimes présentant des ratios spécifiques de macronutriments peuvent être plus appropriés que d’autres pour faciliter la perte de poids, en raison de leur potentiel différent à favoriser la satiété, à brûler les graisses et à préserver la masse maigre métaboliquement active14-15. Cependant, la pertinence des régimes amaigrissants centrés sur les macronutriments a été principalement prouvée par des études à court terme15-18, et les résultats peuvent être influencés par des différences biologiques et comportementales entre les individus ainsi que par des taux d’adhésion différents. Il est à noter que les études à plus long terme ne fournissent pas de preuves solides en faveur d’une modulation de la composition des macronutriments alimentaires pour obtenir un meilleur résultat en matière de perte de poids19-20. Bien que la littérature dans ce domaine reste peu concluante, l’état actuel des preuves suggère que la modification de la composition des macronutriments alimentaires n’est pas aussi efficace et cliniquement pertinente pour la gestion du poids à long terme qu’on le pensait à l’origine8. Certaines populations, comme celles qui présentent une résistance à l’insuline, peuvent trouver que la réduction des glucides et des niveaux plus élevés de graisses insaturées sont plus efficace et favorisent une plus grande adhésion à une modification de l’hygiène de vie pour perde du poids21

Il est de plus en plus évident que les valeurs énergétiques des calories fournies par des macronutriments distincts doivent être considérées séparément, car le métabolisme de composants moléculaires spécifiques génère des différences de rendement énergétique. Les causes de la variation des réponses individuelles à divers régimes alimentaires font actuellement l’objet d’un débat, et certaines preuves suggèrent que les différences sont associées à des génotypes spécifiques22.

Il est extrêmement important de fixer des objectifs réalistes pour la perte de poids, car l’adoption d’objectifs stricts et difficiles à atteindre peut souvent conduire à l’échec et au découragement23. Le soutien positif (compliments et participation active), plutôt qu’instructif, semble bénéfique dans le maintien de la perte de poids24. Viser à perdre de 5 à 10 % du poids corporel initial au cours des six premiers mois est une approche réaliste, qui s’accompagne en outre d’une amélioration significative des facteurs de risque cardiométabolique5-6. Au-delà de la fixation d’objectifs réalistes, l’adhésion à long terme aux interventions diététiques représente également un grand défi, car de nombreux régimes ne sont suivis que pendant de courtes périodes – en particulier ceux qui comportent des restrictions extrêmes -, ce qui conduit à un contrôle du poids à long terme sous-optimal25. Des résultats suggèrent que les stratégies visant à accroître l’adhésion au régime méritent peut-être d’être davantage mises en avant que la composition spécifique en macronutriments du régime amaigrissant lui-même pour favoriser une perte de poids réussie25.

Un objectif encore plus important que la perte de poids est le maintien de la perte de poids et la prévention de la reprise de poids. La réponse physiologique à la perte de poids…

 

Retrouvez l’article complet et bien d’autres dans notre numéro 21