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Prévention et prise en charge de la sarcopénie par l’exercice

Chez les adultes de 65 ans et plus, le manque d’activité physique peut survenir car les capacités physiques diminuent proportionnellement avec l’avancée en âge. Cependant, il a été démontré que les populations âgées peuvent également profiter des bénéfices d’une activité physique (AP) régulière. Cela sera de plus en plus en enjeu majeur car, comme le montrent les prévisions des Nations Unies, une grande partie de la population deviendra senior dans les prochaines années.

Le temps passé à exercer une AP décroît avec l’âge selon une étude (ELSI-Brazil) brésilienne au cours de laquelle les auteurs ont analysé les données de plus de 8’700 participants, âgés de 50 ans et plus, et ont pu démontrer que la prévalence d’AP, selon les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (au moins 150 minutes par semaine), était de 67%. Ceci démontre que, sur l’échantillon de personnes analysées, plus de 2’800 sujets (33%) ne remplissaient pas les recommandations de l’OMS pour être en bonne santé.

L’avancée en âge induit plusieurs changements physiologiques entraînant un déclin fonctionnel de l’organisme en réduisant le spectre des réponses adaptatives disponibles aux innombrables facteurs de stress de la vie quotidienne, telle qu’une immunosenescence. De nombreuses études ont démontré que le vieillissement biologique et de nombreuses maladies et syndromes liés à l’âge se caractérisent par une perte de complexité physiologique dans la dynamique du système cardiovasculaire, respiratoire, du système nerveux central et du contrôle moteur, entre autres.

Outre plusieurs facteurs de risques, détaillés plus bas, la cause principale est la diminution hormonale de la synthèse des protéines et de l’activité enzymatique dans les mitochondries.

La sarcopénie est un problème de santé mondial croissant. Elle toucherait 5 à 13 % des personnes âgées de 60 à 70 ans et jusqu’à 50 % des personnes de plus de 80 ans. Elle apparaît entre 30 et 50 ans, et s’accélère à partir de 70 ans.

Les principaux facteurs de risques sont le sédentarité, le déséquilibre hormonal et de la production de cytokines, une moins bonne synthèse protéique, une défaillance dans les unités motrices, l’influence du développement, certaines maladies chroniques, l’hygiène de vie et le statut en vitamine D.

Une étude sur des souris âgées a pu démontrer que la sénescence induit des modifications phénotypiques musculaires de plusieurs ordres : une infiltration graisseuse apparaît dans les muscles, générant une production de métabolites bioactifs (diacylglycérols, céramides) qui sont responsables de la résistance à l’insuline et de la production de cytokines pro-inflammatoires. Une augmentation des taux circulants du facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-a), de l’interleukine-6 (IL-6), de l’IL-1 et de la protéine C-réactive (CRP) a été constatée chez les personnes âgées. Cette inflammation provoque une altération de la synthèse protéique et freine la synthèse de protéines intramusculaires, modifiant ainsi le métabolisme musculaire en faveur du catabolisme.

Il a été démontré que la perte de force musculaire est associée à des modifications des unités motrices liées à l’âge, principalement en raison de la réduction de la vitesse de conduction des axones moteurs et du nombre d’axones myélinisés en fonction de l’âge.

Un programme d’exercice physique est considéré comme une pierre angulaire dans le traitement de la sarcopénie. Il a été démontré que l’exercice de résistance à court terme augmente la capacité et l’aptitude des muscles squelettiques à synthétiser des protéines. Une étude a démontré que l’exercice de résistance augmente de manière aiguë et spectaculaire le taux de synthèse des protéines musculaires chez les hommes et les femmes âgés de 76 ans et plus.

Il a été démontré que le risque de mortalité des hommes ayant une capacité cardiorespiratoire supérieure ou égale à 10 équivalents métaboliques (MET) est 3 fois plus faible que celui des hommes ayant une capacité cardiorespiratoire inférieure ou égale à 4 MET, indépendamment de tout autre facteur de risque.

La force musculaire et la perte de puissance qui résultent de la sarcopénie peuvent réduire la tolérance à l’exercice et la capacité à effectuer les activités de la vie quotidienne. Il a été démontré que le stress musculaire favorisé par un entraînement régulier de résistance prévient, ou du moins réduit, la perte de masse musculaire au cours du vieillissement.

Le PT aura de plus en plus de clients ayant un profil pré-sarcopénie ou sarcopénie. Il est donc dans son intérêt de s’intéresser aux mécanismes impliqués dans cette dégénérescence musculaire afin d’opter pour la meilleure prise en charge possible…

Retrouvez l’article complet et bien d’autres dans notre numéro 7